Cyclisme sur piste – endurance
Victoire Berteau

- Date de naissance : 16 août 2000 à Lambres-lez-Douai (Nord).
- Taille : 169 cm.
- poids : 58 kg.
- Club : VC Laon.
- Participations antérieures JO : Tokyo 2020.
- Palmarès Jeux Olympiques :
- 7ème de la poursuite par équipes.
Palmarès hors-jeux Olympiques
- 2016 : championne de France cadettes sur route.
- 2018 : championne du monde juniors de l’Américaine (Marie Le Net), Gand-Wevelgem juniors.
- 2019 : championne de France de la course aux points.
- 2021 : vice-championne d’Europe de l’Omnium, médaillée de bronze de l’Américaine (Marion Borras) aux championnats d’Europe.
- 2022 : médaillée de bronze sur la course aux points aux championnats d’Europe, médaillée de bronze en poursuite par équipes aux championnats d’Europe, médaillée de bronze en poursuite par équipes aux championnats du monde
- 2023 :championne de France de la course aux points, Championne de France de l’Américaine (Valentine Fortin) , médaillée de bronze en poursuite par équipes aux championnats du monde, médaillée de bronze de l’Américaine (Clara Copponi) aux championnats du monde, médaillée de bronze de l’Américaine (Clara Copponi) aux championnats d’Europe, 1ère de la poursuite par équipes au Caire, championne de France sur route.
- 2024 : championne de France de l’Américaine (Valentine Fortin).
Enfant, elle a fait beaucoup de sport. Elle a adoré sa scolarité et en garde le goût des choses « bien cadrées. » À 6 ans, c’est le vélo déjà. Mais aussi le judo, la danse, la boxe. Elle voulait battre les garçons, et quand ça arrivait elle avait « envie de recommencer. »
Lorsqu’elle devient championne de France cadette sur route, et qu’on lui propose d’intégrer le pôle France Espoirs à Bourges. Adolescente très studieuse. Mais l’arrivée à Bourges voit dégringoler les notes. « On s’entrainait beaucoup, j’avais plus de mal à travailler. » Malgré tout elle décroche son bac S. Suite à quoi, elle expose à sa mère son projet de devenir coureuse professionnelle. Pour la rassurer et maintenir un lien avec les études, elle s’inscrit en STAPS, mais dès la première année elle signe son contrat avec l’armée, et ne valide pas le second semestre. L’épisode Covid achèvera de lui faire lâcher prise.
Mais l’entrée à Bourges marque aussi son intégration à l’équipe de France piste, puis route. Elle participe à ses premières coupes du monde juniors. Sa première année est marquée par les blessures : « Deux clavicules et un coude, ça fait beaucoup en une saison. »

Mais la seconde la voit remporter Gand-Wevelgem, et devenir championne du monde de l’Américaine avec Marie Le Net.
Puis le passage en Élite est rude, elle traverse une période de doute, se cherche personnellement. En 2020 elle se recentre sur la préparation pour les Jeux.
Elle apprend à aimer la poursuite par équipes, qui jusqu’alors la rebutait. D’autant que le report des Jeux lui permet de se découvrir au fil des multiples stages de préparation. « En deux ans j’ai découvert l’Amérique ! » résume-t-elle pour évoquer révélation, aux autres et à soi-même. Après les Jeux et la septième place du tournoi, le « long fleuve pas tranquille » poursuit son cours : elle signe chez Cofidis, perd du poids et se découvre sur la route.
2022 est une saison pleine sur route. Elle exploite son profil de puncheuse. Elle vit désormais avec son amie à Roulers, en Belgique. Elle axe son programme selon ses goûts et ses qualités. Son entourage est stable : Sam Monnerais est son entraîneur depuis l’époque Bourges, Virginie Nicaise sa préparatrice mentale. « Je vis Jeux, je mange Jeux, je parle Jeux, je rêve Jeux. »
Marion Borras

- Date de naissance : 24 novembre 1997 à Pontcharra (Isère).
- Taille : 175 cm.
- poids : 68 kg.
- Club : VC Pontcharra.
- Team : Saint-Michel Auber 93.
- Participations antérieures JO : Tokyo 2020.
- Palmarès Jeux Olympiques :
- 7ème de la poursuite par équipes.
Palmarès hors-jeux Olympiques
- 2017 : championne de France de l’américaine (avec Laurie Berthon).
- 2018 : championne de France de poursuite par équipes.
- 2019 : vice-championne d’Europe de la poursuite par équipes, championne de France de poursuite par équipes.
- 2021 : vice-championne d’Europe de la poursuite individuelle.
- 2022 : vice-championne d’Europe de l’américaine (avec Clara Copponi).
- 2023 : championne de France de l’omnium, médaillée de bronze de la poursuite par équipes au championnat du monde.
- 2024 : championne d’Europe de l’américaine (avec Valentine Fortin), championne de France poursuite.
Elle grandit dans une famille tout à fait sportive. Elle commence par la danse moderne, qu’elle poursuivra jusque ses 15 ans. En parallèle, elle skie et, à 8 ans, ajoute le cyclisme à sa palette sportive. Ayant passé toutes ses étoiles et chamois, la voilà confrontée à la question de la compétition : ski ou vélo ? Logistiquement parlant, il est impossible de courir les deux lièvres à la fois. « Je pense que, plus que le goût car j’adore aussi le ski, c’est l’esprit de compétition qui a guidé mon choix, dit-elle aujourd’hui. C’est à vélo que je me sentais la plus apte à gagner. »
Au tout début, elle a rêvé de s’inscrire à l’athlétisme, « un peu pour faire comme papa. » Mais à Pontcharra, le jour de la fête des sports, il n’y a plus de place au club. Le stand d’à-côté est celui du club cycliste et, pour l’amadouer, c’est une sorte d’offre d’essai qu’on lui propose : « Fais un entrainement et une compète. Après si ça, si tu as aimé tu prends ta licence. Et si ça ne te plaît pas, tu pourras te rétracter. » L’anecdote fondatrice est ici. Au départ de la course on lui conseille de suivre les grands, et au sommet d’une côte la confusion l’incite à passer sous une rambarde pour couper un virage. Première fille à l’arrivée, elle est néanmoins déclassée.

Ainsi, vexée, c’est pour remettre les pendules à l’heure et montrer ce dont elle est capable à la course suivante, qu’elle prend sa première licence.
Alors, les « challenges des journées populaires » consistent à s’aligner successivement sur une course route, une course VTT, une épreuve trial. Il faut savoir tout faire, et elle se met en tête de gagner toutes les manches. Par ailleurs, comme elle craint un peu de « frotter » en peloton, on lui conseille de s’essayer à la piste, selon l’argument qu’une aisance moyenne sur la piste vaut une aisance totale dans un peloton de routiers. On lui force donc un peu la main à nouveau, mais on fait bien. D’abord elle est très effrayée. Mais elle passe pourtant la qualification aux épreuves jeunes des Six Jours de Grenoble, et elle y gagne un scratch. De quoi prendre confiance. Elle commence à s’entrainer avec Magali Humbert et Jean Navarello. En 2013, elle devient championne de France de la course aux points, puis de la poursuite individuelle. En junior elle intègre l’équipe de France, pour ses premiers championnats d’Europe U19/U23 à Anadia en 2014, puis entre au Pôle France de Bourges en fin d’année. Les résultats internationaux suivront immédiatement.
Elle dit toujours souffrir d’une certaine appréhension sur la piste, et devoir y travailler. « Surtout en Madison. D’autant que, on ne va pas se mentir, chez nous les filles, les courses de Madison c’est un peu la jungle. Je prends sur moi, je fais beaucoup d’analyse vidéo, etc. »
Au fil des années, elle est devenue le pilier de la poursuite par équipes française coachée par Sam Monnerais. Sa puissance et ses longs relais comme sa sérénité soudent le groupe.
Ses rêves à elle n’ont pas changé sont toujours les mêmes. Ils ont la forme d’une médaille olympique et d’un maillot arc-en-ciel. Dans quelle discipline ? « La poursuite par équipes, c’est la plus belle pour moi. Ça fait des années qu’on se bat et qu’on progresse pour atteindre le plus haut niveau ensemble. C’est une fusion entre nous. Les émotions partagées sont les plus grandes. »
Clara Copponi

- Date de naissance : 12 janvier 1999 à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).
- Taille : 164 cm.
- poids : 59 kg.
- Club : VC SQY Team Voussert.
- Team : Lidl-Trek.
- Participations antérieures JO : Tokyo 2020.
- Palmarès Jeux Olympiques :
- 7ème de la poursuite par équipes ;
- 8ème de l’omnium.
Palmarès hors-jeux Olympiques
- 2013 (cadette) : championne de France sur route.
- 2016 (junior) : championne de France du 500m et de la poursuite.
- 2017 (junior) : championne de France de poursuite.
- 2018 : championne de France de poursuite par équipes, et de l’Américaine (avec Laurie Berthon).
- 2019 : championne de France de la poursuite par équipes, de l’Américaine (avec Coralie Demay) et de l’Omnium.
- 2020 : vice-championne du monde de l’Américaine (avec Marie Le Net).
- 2021 : vice-championne du monde de l’Américaine (avec Marie Le Net).
- 2022 : vice-championne du monde de l’Américaine (avec Valentine Fortin), vice-championne d’Europe de l’Américaine (avec Marion Borras).
- 2023 : championne d’Europe de l’Américaine (avec Victoire Berteau), médaillée de bronze de la poursuite par équipes aux championnats du monde.
- 2024 : championne d’Europe du scratch, championne de France de la poursuite par équipe et de l’omnium.
Dans le garage familial, il y avait la moto de cross de papa. Plus tard il y aurait celle du grand-frère. Et puis, promesses de claquantes pétarades, cette petite moto de cross qui n’attendait qu’elle, à une condition : qu’elle sache faire du vélo. Ni une ni deux, elle est allée demander qu’on en ôte les roulettes stabilisatrices, et elle a tracé direct, sans hésitation ni apprentissage, à travers le jardin. Elle avait 2 ans et demi. Après quoi, elle n’a quasiment pas utilisé la moto.
Une famille très soudée, des parents très présents pour soutenir leurs enfants – la maman qui n’avait jusqu’alors aucune affinité particulière avec le cyclisme a passé tous ses B.E pour pouvoir entraîner les enfants du club. Tous les mercredis, la famille s’entrainait au complet, petite sœur comprise.
Clara débute donc la compétition à 4 ans, en VTT. Sept ans plus tard elle se met à la route, et encore une année après elle se met à la piste. Sur la route, elle obtient des résultats sur les TFJC et les championnats nationaux des jeunes. Elle décroche son premier titre en minimes-cadettes alors qu’elle est minime.

Le grand-frère, pensionnaire à l’INSEP a choisi le sprint, mais sur ce point Clara s’en démarque pour la première fois. « La vraie raison ? Je ne voulais pas avoir de grosses cuisses ! » Elle avait pourtant emporté le titre de championne de France de vitesse individuelle cadettes.
Collégienne, elle vise déjà l’accession au Pôle France endurance, alors situé à Bordeaux et qui, le temps qu’elle y accède effectivement, aura déménagé à Bourges. Où elle passe donc 2 ans, et son bac. Avant de revenir dans le Sud.
Au Pôle, elle apprend à se défier du risque qui guette tous les surdoués, et à ne plus se contenter de surfer sur son talent. Même si l’on est assidu, passer d’un entrainement bi-hebdomadaire avec le club à l’entrainement quotidien (voire, bi-quotidien) encadré par un coach, c’est un changement de vie. « Pour ne rien dire du climat », ajoute l’Aixoise. « Mais une fois le cap passé, l’habitude prise, je n’ai plus rien lâché. Arrivée chez les élites, je n’avais plus qu’une idée en tête : les Jeux. » De Tokyo d’abord, où elle se classe 8e de l’omnium et 5e de l’Américaine avec Marie Le Net. Puis de Paris, bien sûr. Entre les deux, elle aura collectionné les médailles aux mondiaux : 3 d’argent et 1 de bronze en Madison, 2 de bronze en poursuite par équipes. Même chose aux championnats européens : 2 médailles d’argent sur la Madison et 1 sur l’omnium, et 1 de bronze sur la poursuite par équipes. Pour ne tenir compte que des résultats acquis en élite, ça fait tout de même 10 médailles dont 6 d’argent et 4 de bronze. Sur route aussi, ses qualités de sprinteuse-puncheuse font mouche, gagnant ici une étape du Women’s Tour et là le Grand Prix de Fourmies.
On est étonné d’apprendre qu’à ses débuts elle « n’aimait pas trop » la Madison, laquelle est devenue, au fil de l’expérience, « sa course préférée ». Il serait mal-à-propos de la qualifier de tête-brûlée, mais comment ne pas remarquer une certaine témérité en piste ? « Je n’ai pas d’appréhension, c’est vrai. Si je me dis que ça passe, c’est que ça passe. Je ne suis jamais tombée sur une erreur d’appréciation. »
Comme ses coéquipières de l’Équipe de France, elle sait posséder l’essentiel, et en être arrivée à ce stade « infinitésimal », où seule une accumulation de détails peut encore faire la différence.
Valentine Fortin

- Date de naissance : 24 avril 1999 à Toulouse (Haute-Garonne).
- Taille : 163 cm.
- poids : 55 kg.
- Club : US Créteil.
- Team : Cofidis.
- Participations antérieures JO : Tokyo 2020.
- Palmarès Jeux Olympiqu
- 7ème de la poursuite par équipes.
Palmarès hors-jeux Olympiques
- 2018 : championne de France de poursuite par équipes.
- 2019 : vice-championne d’Europe de poursuite par équipes, championne de France de poursuite par équipes.
- 2021 : championne d’Europe de l’élimination, vice -championne d’Europe du scratch.
- 2023 : vice-championne d’Europe de l’élimination, championne de France de poursuite individuelle, de l’élimination, et de l’américaine (avec Victoire Berteau), médaillée de bronze de la poursuite par équipes au championnats du monde.
- 2024 : championne d’Europe de l’américaine (avec Marion Borras), championne de France de poursuite par équipes, et de l’américaine (avec Victoire Berteau).
C’est par hasard qu’elle découvre le vélo,âgée de moins de 5 ans. À cet âge-là, le vélo est une affaire d’ambiance et de socialisation. Ce qui n’empêche pas la petite de finir souvent première de sa catégorie, de bien se classer avec les garçons. Dès la catégorie pupilles, en route pour les « TFJC » (trophées de France du Jeune Cycliste) avec le comité Midi-Pyrénées.
Sur la route, elle met un peu de temps à progresser, sur la piste c’est plus rapide. Chez les jeunes, quand on n’est pas soi-même issu d’une famille de cyclistes, on est confronté à des adversaires mieux armés.
En minimes, elle débute sur la piste. Mais elle attend l’année suivante (cadette 1) pour disputer ses premiers championnats de France – elle se classe quatrième du …sprint. « À l’époque Mathilde [Gros] n’était pas encore là ! » dit-elle en riant. En junior elle décroche son premier titre, dans la course scratch, en se classant deuxième de l’épreuve élite, derrière Coralie Demay.
Dès sa première année cadette, elle était intégrée au pôle Espoirs de Bourges – mais ayant un an d’avance à l’école (« Ça va, tempère-t-elle, c’est la grande section que j’ai sautée ! ») elle entrait alors en première.

La période Covid lui permet d’évoluer sur la route, car il n’y a pas de compétitions sur piste et elle roule plus qu’à l’ordinaire. En 2021, elle est chez Auber-Saint Michel. Puis Cofidis annonce la création d’une équipe féminine. Elle gagne la Coupe de France à Civeaux, puis Sud-Yvelines plus tard dans la saison, puis elle se classe deuxième de l’UCI Classic Morbihan – à ce moment-là elle a déjà signé chez Cofidis. L’année des Jeux elle se consacre logiquement à la piste.
2022 est une première année difficile chez Cofidis (« se faire taper sur la tête tous les week-ends, c’est pas facile ») mais elle augmente son endurance et sa cylindrée. À Munich aux championnats d’Europe, elle défend son titre sur une piste de 200 m, où elle se sent super-forte « personne ne me doublait jusqu’à ce qu’on se retrouve à quatre. Là, sur une piste courte, j’aurais dû lancer, je ne l’ai pas fait et les trois filles m’ont doublée, sans que j’aie pu fournir mon effort. Frustrant. »
Puis aux championnats du monde Saint-Quentin-en-Yvelines, elle est performante : le regret, c’est d’avoir manqué l’or pour un point, en Madison. En 2023, elle décroche l’argent au mondial de Glasgow et se classe 5e de son premier omnium. Ce qui est sûr, c’est qu’elle a la confiance de Steven Henry et Samuel Monnerais.
Elle est très investie dans l’aventure de la poursuite par équipe, où les Françaises ne cessent de progresser. « Nous sommes désormais à 4’10. D’après les calculs, dans les conditions de Tokyo cela nous place à 4’08, soit 4 secondes derrière les Allemandes. »
Marie Le Net

- Date de naissance : 25 janvier 2000 à Pontivy (Morbihan).
- Taille : 173 cm.
- poids : 59 kg.
- Club : VC Pontivy.
- Team : FDJ-Suez.
- Participations antérieures JO : Tokyo 2020.
- Palmarès Jeux Olympiqu
- 7ème de la poursuite par équipes ;
- 5ème de l’américaine.
Palmarès hors-jeux Olympiques
- 2017 : championne de France de la poursuite par équipes.
- 2018 : championne du monde junior de l’américaine (avec Victoire Berteau).
- 2019 : vice-championne d’Europe espoirs de la poursuite par équipes.
- 2020 : vice-championne du monde de l’américaine (avec Clara Copponi).
- 2021 : vice-championne du monde de l’américaine (avec Clara Copponi).
- 2023 : médaillée de bronze de la poursuite par équipes au championnat du monde.
La famille est sportive, à 8 ans, elle prend sa première licence, en poussin 2. Son père adore le vélo (Marie a beaucoup regardé le Tour à la télé), décède prématurément en 2010. C’est en la mémoire de celui qui l’y avait incitée qu’elle insiste et décide de poursuivre le vélo. Bernard, un voisin qu’elle appellera bientôt son « deuxième Papi », la met en contact avec son idole, Audrey Cordon-Ragot – laquelle viendra chaque année quelques jours avant Noël faire cadeau de ses tenues à la débutante.
Vaut-il de dire qu’elle gagne sa toute première course, à Noyal-Pontivy. Elle se souvient de la réaction étonnée – « d’où vient-elle, celle-là ? » – des autres parents.
Après quelques saisons (elle est cadette), c’est le CTD du Morbihan qui l’encourage à faire de la piste – alors qu’elle ne voit pas a priori « l’intérêt de tourner en rond » d’autant qu’elle n’avait « pas un beau vélo. » Mais elle essaie. Un peu de poursuite. Au championnat départemental, elle gagne. Au championnat régional, elle gagne. Au championnat de France, idem.
Et s’ouvrent les portes du pôle France, à Bourges, où elle apprend ce que s’entrainer veut dire.

Entre piste et route, elle n’a pas de préférence. En 2020 et 2021 elle donne priorité à la première, en 2022 elle se concentre sur la seconde, ne pensant pas revenir sur la piste, mais finalement « Les Jeux à la maison [l’] appellent. Ça arrive une fois par siècle. » Elle retrouve le groupe tel qu’à Tokyo et pense « on peut viser haut. »
Étudiante en troisième année d’ostéopathie, elle constate comme avec surprise qu’elle est aussi cycliste professionnelle. La coureuse de FDJ-Suez se décrit comme une personne « plutôt sérieuse, et discrète. » « Mais, ajoute-t-elle dans un sourire timide, une fois que je suis à l’aise dans le groupe, c’est différent. » En lice pour la poursuite par équipes, elle a aussi renouée avec l’Américaine qu’elle adore. « Il faut tout réfléchir pendant la course, étudier les adversaires, anticiper : c’est génial. »
Thomas Boudat

- Date de naissance : 24 février 1999 à Langon (Gironde).
- Taille : 175 cm.
- poids : 70 kg.
- Club : VC Roubaix.
- Team : Van Rysel Roubaix Lille Métropole.
- Participations antérieures JO : Rio 2016.
- Palmarès Jeux Oly
- 5ème de l’omnium.
Palmarès hors-jeux Olympiques
- 2012 : champion d’Europe juniors de la course aux points
- 2013 : champion d’Europe espoirs de la course aux points, champion d’Europe espoirs de l’américaine (avec Bryan Coquard), champion de France de poursuite par équipes, de la course aux points, de l’omnium.
- 2014 : champion du monde de l’omnium, champion de France de poursuite par équipes, du scratch, de l’omnium.
- 2015 : champion de France de poursuite par équipe, de la course aux points, de l’américaine.
- 2016 : champion d’Europe de l’omnium, champion de France de la course aux points, du scratch.
- 2017 : champion de France de l’américaine et du scratch.
- 2018 : champion de France du scratch et de l’omnium.
- 2019 : vainqueurs des Six Jours de Rotterdam (avec Niki Terpstra).
- 2021 : vice-champion du monde de poursuite par équipe.
- 2022 : champion d’Europe de la poursuite par équipe (avec Denis, Lafargue, Tabellion et Thomas).
- 2023 : champion de France de poursuite par équipe, de l’élimination, de l’américaine.
- 2024 : champion de France de l’américaine.
C’est son grand-père, Joseph Cigano, coureur professionnel dans les années 50, le met en selle. Ses parents ont l’habitude de dire qu’il savait faire du vélo avant de savoir marcher. À 4 ans, il fait de grands débuts à l’école de vélo de La Réole, puis, l’école de cyclisme du club de Langon (devenu VC Sud-Gironde).
Sur les premières compétitions il est toujours battu par le même concurrent, qui possède un vélo dont les roues de plus grand diamètre lui donnent un avantage. Quand Thomas se voit offrir un vélo de la bonne taille, les succès pleuvent. En minimes il participe à ses premiers TFJC (Trophée de France du Jeune Cycliste). En matière d’éducation cycliste, le VC Sud-Gironde accorde une grande importance à la piste, et emmène régulièrement ses coureurs rouler à Bordeaux. C’est sur piste que Thomas, cadet, obtient ses premiers résultats au niveau national – des podiums en coupe de France. Et en juniors que sa carrière décolle : en 2ème année il décroche 3 titres de champion de France et un de champion d’Europe. Il intègre le pôle France de Talence. Il tient à poursuivre ses études. Passe un bac S, et intègre une Prépa Ingé – en vue de devenir ingénieur agronome et de contribuer à la prospérité du domaine viticole familial.

Il court désormais en élite, et il est difficile d’articuler le calendrier des compétitions avec l’emploi du temps scolaire. Il jette provisoirement l’éponge pour se consacrer à son sport. En 2013, il est double champion d’Europe espoirs (course aux points et américaine) et en 2014, en Colombie, il devient champion du monde de l’omnium. C’est son meilleur souvenir. Sur route aussi, ses succès lui valent de passer pro (il quitte le Vendée U pour l’équipe Europcar) en fin de saison.
Mais globalement, c’est la piste qu’il préfère, c’est là que son talent éclate. « Sur piste je cours à l’intuition, c’est ludique, c’est rapide. Sur route, il arrive de s’ennuyer, parfois. »
Sur les vélodromes il accumule les titres et les podiums – toutes disciplines de l’endurance confondues, c’est 22 maillots de champion de France, et 5 de champion d’Europe. C’est sur la piste olympique qu’il courra sa dernière course : après les Jeux Olympiques, il accrochera son vélo et se consacrera au domaine viticole.
Thomas Denis

- Date de naissance : 18 juillet 1997 à Bignan (Morbihan).
- Taille : 180 cm.
- poids : 67 kg.
- Club : Paris Cycliste Olympique.
- Team : Van Rysel Roubaix.
Palmarès hors-jeux Olympiques
- 2015 : vice-champion d’Europe juniors de la poursuite individuelle, champion de France juniors de poursuite individuelle.
- 2016 : champion d’Europe de la poursuite par équipes.
- 2017 : champion d’Europe de la poursuite par équipes, champion de France de la poursuite par équipes.
- 2019 : vice-champion d’Europe espoirs de l’américaine, champion de France de la poursuite par équipes.
- 2021 : vice-champion du monde de poursuite par équipes, champion de France de la poursuite par équipes.
- 2022 : champion d’Europe de la poursuite par équipes.
- 2023 : champion de France de la poursuite par équipes.
C’est « par hasard » qu’il se met au vélo. Il a 5 ans lorsqu’un voisin lui fait découvrir l’école de cyclisme. Les résultats sont quais-immédiat, même si à cet âge précoce, le résultat compte moins que le jeu. Devant son enthousiasme ses parents l’encouragent – le vélo prend rapidement beaucoup de place.
C’est en cadet que tout débute vraiment, lorsque non content de devenir champion de France de poursuite, il bat le record de la distance, détenu jusqu’alors par un certain Valentin Madouas.
Cette performance lui ouvre les portes du pôle France Jeunes de Bordeaux, puis l’année suivante de Bourges. C’est là qu’il passe sous la coupe de Samuel Monnerais. Il se souvient de cette bifurcation comme le moment où il a dû choisir entre la vie « normale » avec les copains et la vie plus « monacale » du coureur cycliste. « Ce qui est sûr, dit-il, c’est que mon intégration en pôle a changé ma vie. J’ai épousé la vie de sportif de haut niveau et franchi des paliers. Mes bons résultats au niveau européen m’ont permis d’intégrer l’Équipe de France élite dès ma sortie de la catégorie junior en décembre 2015. Depuis lors Steven Henry me coache pour la piste. »

Au plan psychique autant qu’au physique, il pense avoir fait des progrès conséquents. Lui qui se décrit rétrospectivement comme « un jeune très anxieux », a le sentiment d’avoir atteint à une certaine tranquillité. C’est à un long travail de préparation mentale qu’il le doit, commencé avec un coach personnel et poursuivi jusqu’à aujourd’hui avec Virginie Nicaise, en charge de la préparation mentale pour les Équipes de France piste.
Il dit avoir appris de ses échecs – et que le point faible d’un athlète se situe souvent du côté de ses émotions. Même les fortes satisfactions peuvent influer négativement sur la performance. Il en veut pour preuve ce jour où, trop content de son chrono en qualif’, il ne parvient pas à se reposer et rate complètement sa poursuite du premier tour. « J’ai donc appris à exprimer mes émotions plutôt que les enfouir, explique-t-il, ça évite les résurgences incontrôlées. Par ailleurs, j’étais rêveur, un peu perché, et j’ai appris à me contrôler. »
Il a toujours besoin de s’évader, écoute énormément de musique (« même pour faire la sieste ») et n’affectionne rien tant que « les conversations authentiques. »
Valentin Tabellion

- Date de naissance : 23 septembre 1999 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).
- Taille : 175 cm.
- poids : 71 kg.
- Club : VC Roubaix.
- Team : Van Rysel Roubaix Lille Métropole.
Palmarès hors-jeux Olympiques
- 2016 : champion de France juniors de poursuite , du Kilomètre, du scratch juniors.
- 2017 : médaillé de bronze de l’omnium aux championnats d’Europe juniors.
- 2019 : champion de France de poursuite par équipes.
- 2020 : vainqueur de la poursuite par équipes à Milton (avec Thomas, Ermenault, Vauquelin et Denis)
- 2021 : vice-champion du monde de poursuite par équipes, champion de France de poursuite par équipes, champion de France de l’Américaine (avec Thomas Denis).
- 2022 : champion d’Europe de poursuite par équipes.
- 2023 : champion de France de poursuite par équipes, champion de France de l’omnium, champion de France de l’Américaine (avec Thomas Boudat).
- 2024 : champion de France de l’omnium, champion de France de l’Américaine (avec Thomas Boudat).
Il est venu au vélo tout seul, et tout petit. Enfant tendance casse-cou, n’ayant de cesse de s’essayer à de nouvelles acrobaties : c’est ainsi qu’il débute le vélo. Un club s’est créé à Saran, à l’initiative de Pascal Agogué qui fut le premier entraineur de Pierre Roland. « Là, nous nous exercions entre les quilles, les plots. Ça m’a tout de suite plu et, de fil en aiguille mes parents m’ont emmené aux courses, dès mes 5 ans. » Dans le cadre scolaire de l’UNSS, il pratique d’autres sports. Tout y passe : foot, hand, athlétisme, mais le cyclisme est le seul sport qu’il pratique en club. Il reste fidèle à l’USM Saran jusqu’à sa deuxième année cadets, et à son intégration au Pôle Espoirs de Bourges, où il passe sous la férule de Samuel Monnerais. Plus tard son arrivée au Vendée U sera aussi un jalon important sur son parcours.
Il rafle à peu près tout dans les catégories enfantines, et encore chez les cadets. En juniors, il gagne à peine moins, mais la concurrence devient plus sensible. C’est à propos de son passage en Espoirs qu’il dit avoir « eu plus de mal » et « s’être forgé » en tant qu’équipier au Vendée U, car il faut « savoir donner avant de recevoir. » C’est à partir d’Espoir 3 qu’il commence à gagner sur route. Paradoxalement, le confinement l’a aidé à franchir un cap, et plus précisément le travail sur home-trainer :

« Je me suis pris au jeu, des sorties et des courses en ligne, dit-il. Le home-trainer est un instrument très efficace. » À partir de 2021, il est professionnel chez Xeliss-Roubaix-Lille Métropole. Les courses en compagnie des écuries World Tour sont « un autre monde » auquel il a fallu s’adapter.
Sur la piste, il collectionne les titres nationaux et internationaux depuis qu’il est junior. Entre poursuite par équipes, omnium, américaine, il cumule 9 titres nationaux, 1 titre de champion d’Europe (PPE, Munich 2022), et 1 médaille d’argent mondiale (PPE, Roubaix 2021).
En janvier 2023, il démarre sur les chapeaux de roues, décrochant 3 titres et 2 médailles sur les France Piste, avant de jouer de malchance sur la route, se luxant l’épaule à Bessèges et inaugurant une année en dents de scie en dépit de belles perfs en PPE sur les Coupes du Monde du Caire et de Milton. Sur les championnats de France 2024, il décroche 2 nouveaux titres, en omnium et en américaine.
Benjamin Thomas

- Date de naissance : 12 septembre 1995 à Lavaur (Tarn).
- Taille : 179 cm.
- poids : 68 kg.
- Club : Avenir Cycliste Vauréen.
- Team : Cofidis.
- Participations antérieures JO : Tokyo 2020.
- Palmarès Jeux Olympiques :
- médaillé de bronze de l’Américaine (avec Donavan Grondin) ;
- 4ème de l’omnium
Palmarès hors-jeux Olympiques
- 2013 : champion du monde juniors de la course aux points.
- 2014 : champion d’Europe espoirs du scratch, champion d’Europe de la course aux points.
- 2016 : champion d’Europe espoirs de la poursuite par équipes, champion d’Europe de la poursuite par équipes, champion de France de l’omnium et de l’américaine (avec Jordan Levasseur).
- 2017 : champion du monde l’omnium, champion du monde de l’américaine (avec Morgan Kneisky), champion d’Europe de la poursuite par équipes, champion d’Europe de l’américaine (avec Florian Maître), champion de France de l’omnium.
- 2019 : champion d ‘Europe de l’omnium.
- 2020 : champion du monde de l’omnium.
- 2021 : champion du monde de la course aux points, vice-champion du monde de la poursuite par équipes, champion d’Europe de la course aux points.
- 2022 : champion du monde de l’américaine (avec Donavan Grondin), vice-champion du monde de l’omnium, champion d’Europe de la poursuite par équipes, champion d’Europe de la course aux points.
- 2023 : vice-champion du monde de l’omnium, champion d’Europe de l’omnium, champion de France poursuite individuelle et de la course aux points.
- 2024 : champion de France de poursuite individuelle.
Ayant pour père le président du club de Lavaur, il débute avant ses cinq ans dans le sillage d’un frère aîné qui restera son modèle. « Un an sur deux on courait ensemble – quand j’étais cadet 1 il était cadet 2, etc. Cette rivalité fraternelle m’a forgé le caractère. Lui gagnait beaucoup de course, avait beaucoup de talent. C’était plus dur pour moi, physiquement je n’étais pas en avance, chez les jeunes, il me fallait un peu plus de réussite. Je ne me voyais pas arriver chez les pros un jour, je faisais du vélo sans y penser. »
N’avoir pas été forcément le plus doué tout de suite, il voit cela comme un avantage. Il dit que ça aide à travailler, surtout quand on est un peu dilettante par tempérament. « Je suis d’une famille d’artisans. Des gros bosseurs. Moi j’ai plutôt été le plus jeune, le protégé. Mon frère c’était le costaud, l’homme droit. Il reste un exemple pour moi, dans la vie. »
Il aime tant la piste qu’il peut aller voir des courses de jeunes sur son temps libre.

« Est-ce le signe d’un parcours atypique, que de devenir champion du monde (junior) dès ma première sélection ? » se demande-t-il. De fait, Hervé Dagorne, le sélectionneur, ne l’avait pas appelé pour le championnat d’Europe. Lui, qui venait de passer le bac, travaillait sur un chantier entre son frère et son père. « On a bossé tous les jours. Et après 2 semaines, il m’appelle pour le trophée Fenioux. J’y vais et je gagne la course aux points avec 6 tours d’avance. « Je t’emmène à Glasgow ! », me dit-il. Et, voilà : là aussi j’ai gagné. En suivant à la lettre les instructions d’Hervé, d’ailleurs. »
Espoir, il passe par l’équipe de l’Armée de Terre, un épisode de 3 ans dont il garde excellent souvenir. « On était vraiment une bande de copains. Ce furent mes plus belles années de vélo. On me laissait une totale liberté pour la piste. Je m’y suis construit petit à petit, et armé pour mon arrivée en World Tour. » Il signe avec Groupama-FDJ où il restera quatre ans.
En élite, c’est au championnat du monde 2017, disputé à Hong-Kong, qu’il se révèle, remportant coup sur coup omnium et américaine. « L’année précédente, avec Morgan [Kneisky] on avait fait 2 de l’américaine derrière Cavendish-Wiggins, et on avait eu l’impression d’être passé à côté de quelque chose. On avait été en tête toute la course, avant de louper bêtement un relais. »
Morgan Kneisky fut son maître, avec qui il formera des années durant une des paires d’américaine les plus redoutées de la planète. « Morgan, je l’ai rencontré au Trophée Fenioux, il ne voulait pas croire que j’avais gagné avec mon vieux vélo et mes godasses. Un soir dans une chambre d’hôtel, effaré par ma position, il m’a fait un bike fitting. Grâce à lui je n’ai pas perdu mon temps. Il m’a transmis son goût de la méticulosité – au moins pour partie. »
Début 2020, l’approche des Jeux de Tokyo semblait parfaite. En février, aux Mondiaux de Berlin il empoche le titre de l’omnium. Puis le Covid est arrivé, et le décalage des Jeux s’en est suivi. Il reste une personnalité éminemment sensible et il le sait, susceptible d’épisodes anxieux. Et de cette sensibilité il dit qu’elle est à double tranchant, qu’elle lui permet une écoute fine de ses besoins, mais qu’elle le fragilise dans certaines circonstances, notamment devant la critique. En août 2021 à Tokyo, favori de l’omnium, il n’est pas dans son assiette.
Si 2022 est faste (il est notamment champion du monde de l’américaine avec Donovan Grondin au terme d’une course mémorable, remporte deux titres européens…), il cumule une centaine de jours de compétition et le paiera. L’année 2023 est difficile. Il tombe malade avant le Tour, et sa préparation pour Glasgow est en dent de scie, si bien qu’il ne peut que « sauver une médaille d’argent sur l’omnium. » Mais 2024 a beaucoup mieux débuté. Il est plus serein. Sur la route, il a remporté une étape du Giro qui a consolidé sa confiance.
Oscar Nilson-Julien

- Date de naissance : 10 janvier 2002 à Kentish Town (Angleterre).
- Taille : 178 cm.
- poids : 63 kg.
- Club : AVC Aix-en-Provence.
Palmarès hors-jeux Olympiques
- 2019 : champion d’Europe juniors de la poursuite par équipes.
- 2022 : champion d’Europe espoirs de l’omnium, champion de Grande-Bretagne de l’omnium .
- 2024 : médaillé de bronze de la course aux points des championnats d’Europe, champion de France de la course aux points, vice-champion de France de l’omnium.
Il est né et a grandi à Londres, dans l’arrondissement de Camden, de parents très sportifs et tous 2 versés dans l’écriture. La mère a pratiqué les arts martiaux, et vit désormais de son activité de scénariste. Le père est un cycliste passionné – à ce jour il reste compétiteur – journaliste pour le magazine Rouleur et auteur de polars.
C’est bien sûr en roulant avec son père qu’il est venu à vélo. Mais vivre à Londres en plein centre-ville n’aide pas, et d’abord, il n’apprécia guère les sorties dominicales : « Je devais avoir 9 ou 10 ans, je n’aimais pas vraiment ça, et il n’était pas rare que je mette pied à terre dans les côtes. »
Mais un an ou deux plus tard, c’est la découverte de la piste qui changea les choses. Au sud de Londres, le vélodrome de Herne Hill, où son père s’entrainait avec le « Vélo Club de Londres » (en français dans le texte), fonctionnait comme un centre aéré à l’heure des vacances scolaires. Les parents pouvaient y laisser leurs enfants de 9 à 15 heures chaque jour – et c’est ainsi qu’à peine adolescent il fit ses premiers « stages » sur piste, et bientôt ses débuts en compétition.

On l’aura deviné, les résultats ne se firent pas attendre, et à 14 ans Oscar intégra les rangs de l’academy fédérale. Il deviendra notamment champion d’Europe junior de la poursuite par équipes puis, en 2022, après 2 ans sans championnats pour cause de Covid, champion de Grande-Bretagne et champion d’Europe espoir de l’omnium. Alors qu’il touche un salaire de Bristish Cycling, la fédération britannique, il décide cependant de quitter un système où, lui semble-t-il, il ne progresse plus. Il tient à préciser aujourd’hui que cette décision a précédé le coup de fil de Steven Henry lui proposant de rejoindre l’Équipe de France, au titre de sa double nationalité : « Je n’ai pas quitté la fédération britannique parce que l’Équipe de France me le proposait. Les 2 évènements sont déconnectés. Mais les conditions de travail et l’environnement que me proposait l’Équipe de France m’ont plu, et je suis heureux d’avoir intégré le système français. » Dès janvier 2024, il a fait honneur à sa nouvelle nationalité sportive, devant champion de France de la course aux points.
Il ne craint d’ores et déjà plus personne dans les courses en peloton, et son enthousiasme est aussi réjouissant que redoutable. Au sein de l’Équipe de France, Benjamin Thomas jouit d’un prestige singulier. Pour Oscar il est « un modèle. C’est le champion, et un peu la cible à abattre, j’aime bien savoir que j’arrive à lui faire mal », dit-il en riant.